Réparer ou jeter : pourquoi j’ai changé d’avis sur la question

Réparer ou jeter : pourquoi j’ai changé d’avis sur la question

Ma machine à café qui rend l’âme un lundi matin. Le grille-pain qui décide de faire grève. Mon premier réflexe ? Direction la poubelle et Amazon dans la foulée. Sauf que cette fois, j’ai fait différent. Parce que franchement, balancer un appareil qui a juste un faux contact, c’est un peu con non ? (Même si parfois on préfère l’adrénaline de tenter sa chance chez Rolletto plutôt que de bricoler un dimanche).

Le truc, c’est que la réparation revient vraiment en force. Les Repair Cafés pullulent dans toute la France. Dans les Côtes-d’Armor, y’en a même un itinérant qui se balade de ville en ville. L’idée est simple : des bénévoles qui savent bricoler vous filent un coup de main pour réparer vos trucs cassés. Gratos. C’est comme choisir entre deux casinos en ligne – il faut comparer les offres pour trouver la meilleure solution.

Les Repair Cafés, c’est quoi le délire ?

J’ai testé celui de ma ville le mois dernier. Ambiance salon de thé mélangée à un atelier de grand-père. Des tables partout, des tournevis qui traînent, et surtout : une bande de retraités passionnés qui adorent démonter des trucs. Mon grille-pain ? Réparé en 20 minutes chrono. Un fil dessoudé, rien de plus.

Ce qui m’a frappé, c’est la diversité des objets. Des gens venaient avec leur aspirateur, leur lampe de chevet, leur radio des années 80 – certaines diffusaient encore une ambiance musicale parfaite pour les soirées entre amis. Un type avait même ramené sa perceuse Black & Decker qu’il avait depuis 1995. Vingt minutes plus tard, elle ronronnait comme au premier jour.

Réparer ou jeter : pourquoi j'ai changé d'avis sur la

À Gérardmer, leur Repair Café cartonne tellement qu’ils ont dû limiter les inscriptions.

Les stats parlent d’elles-mêmes : sur 100 objets apportés, 70 repartent réparés. Le reste ? Soit c’est vraiment mort, soit il manque une pièce spécifique. Mais même là, les bénévoles vous expliquent ce qui cloche et où trouver la pièce.

Pourquoi on jette autant ?

Perso, je pense qu’on a juste perdu l’habitude. Mon grand-père réparait tout, du grille-pain au tracteur. Nous ? On sait même pas ouvrir un appareil sans avoir peur de tout casser. Les fabricants nous facilitent pas la tâche non plus. Vis cachées, pièces collées, obsolescence programmée…

L’Europe commence à bouger sur le sujet. Une nouvelle directive sur le droit à la réparation est dans les tuyaux. L’idée : obliger les fabricants à fournir des pièces détachées pendant au moins 10 ans. Fini les « désolé, on fait plus ce modèle ».

C’est pas révolutionnaire mais c’est un début.

Les cordonniers, ces héros méconnus

À Nîmes, ils ont lancé le « Printemps des cordonneries ». J’adore le concept. Pendant tout le mois, les cordonniers proposent des tarifs réduits pour remotiver les gens à faire réparer leurs chaussures. Parce que clairement, qui pense encore au cordonnier aujourd’hui ?

J’ai discuté avec celui de mon quartier. Le mec répare 50 paires par semaine. Des baskets aux escarpins de luxe. Il m’a montré des Louboutin qu’il venait de ressemeler. 80 euros la réparation contre 600 pour une paire neuve. Le calcul est vite fait.

Sur l’île de Groix, y’a ce Breton qui s’est lancé comme réparateur généraliste. Il raconte qu’il adore travailler avec ses mains, que chaque objet est un petit défi. Les habitants l’adorent. Normal : sur une île, Amazon Prime ça marche moins bien.

Concrètement, ça change quoi ?

Déjà, ton porte-monnaie te dit merci. Une réparation coûte en moyenne 30% du prix du neuf, même si le coût des réparations augmente ces dernières années. Ensuite, y’a ce petit plaisir bizarre de voir un objet reprendre vie. C’est con mais ça fait plaisir.

L’impact écologique est pas négligeable non plus. Chaque appareil réparé, c’est des ressources économisées, des déchets en moins. Quand on sait qu’on balance 20 kilos de déchets électroniques par an et par personne…

Le plus dur reste de changer ses réflexes. La prochaine fois que votre cafetière fait des siennes, posez-vous la question. Poubelle ou tournevis ?

Moi j’ai fait mon choix. Ma machine à café tourne toujours. Elle fait un bruit chelou par moments, mais le café est toujours aussi bon. Et puis franchement, c’est plus satisfaisant que de cliquer sur « acheter maintenant ».