PRODUCTION TIPS PART.2 : Le Mixage

Quel point commun peut relier un producteur House Garage à un producteur Drum & Bass Techstep ? Manifestement pas les influences, mais néanmoins la volonté de doter ses morceaux du plus « gros son » possible, autrement dit d’une densité sonore qui lui assurera une efficacité maximale sur n’importe quel système son. Pour obtenir ce résultat, il existe un « tip », que ce deuxième volet des Production Tips vous propose d’approcher : le mixage. Et vous pourrez constater que ce qui semble « gros » à l’écoute, ne l’est peut être pas tant que ça…

Sortons un temps des sentiers de la Musique Electronique pour nous plonger dans le monde de la Musique Classique et du Jazz ; musiques qui, vous en conviendrez, ne revendiquent en rien posséder ce dit « gros son ». Dans une relative globalité, celles-ci privilégient en effet l’exploration musicale à la recherche de l’efficacité, ce qui de fait leur procure moins de punch que leur cousin électronique.

Mais faisons abstraction de ces divergences culturelles pour se pencher sur l’écart de volume entre le point le plus fort et celui le plus faible d’un même morceau, le tout mesuré en décibel (dB), l’unité de mesure de la pression acoustique. Cette différence en Musique Classique et Jazz est de l’ordre de 20 à 25 dB. Retournons à présent dans le cercle des Musiques Electroniques, et nous constatons que cet écart se réduit à … 7 à 3 dB. [La mesure usuellement reconnu est de 3 dB voire moins, mais personnellement, je la pense faussée. Merci de vous reporter à la note en fin d’article pour plus de précisions.]

L’une des clés du « gros son » est donc de remplir au mieux l’espace sonore et de préserver cette densité tout à long d’un morceau. Mais inutile de monter le volume de toutes les pistes (synthé, bass, rythmique…) de votre morceau pour que celui-ci sonne fort! Car tout morceau, classique comme électronique, est limité au seuil strict du 0dB. Au-delà vient le risque de l’infâme saturation!

Pour que votre morceau sonne plus « gros » que celui d’un autre, il vous faudra donc faire sonner vos différentes pistes plus fort tout en restant limité au seuil du 0dB, comme si vous deviez remplir une camionnette mais avec le plus d’éléments possible. Autant dire que vous êtes lancé dans une sacrée partie de Tetris sonore!! C’est ce qu’on appelle le mixage.

Le plus simple pour commencer est de supprimer pistes par pistes toutes les fréquences qui ne s’entendent pas. Par exemple, nul besoin pour votre sub d’avoir quelques fréquences au-delà des 100Hz si c’est à partir de là que votre rythmique s’exprime pleinement. Une égalisation très précise de chacune de vos pistes vous permettra de gagner en espace, et donc en puissance.

D’une façon générale, il faut savoir privilégier une bande de fréquences selon là où votre piste est la plus efficace. Un moyen tout simple pour déceler cette bande est de faire tourner votre morceau avec tous ses éléments et de créer un gros pic dans l’égaliseur de votre piste. Faîtes ensuite naviguer ce pic dans les fréquences (par ex : 200Hz puis 250Hz puis 300Hz…) puis retenez les fréquences sur lesquelles ces modulations sont le plus notable. Vous aurez ainsi la bande de fréquences qu’il faut privilégier pour cette piste.

Certes l’égalisation ne fait pas tout. Si votre piste séparée sonne sale, le fait de l’inclure dans un mixage parfait ne la fera pas mieux sonner mais elle sonnera de la même façon au sein du morceau qu’en écoute séparée; sa restitution sera fidèle. Toutefois, le mixage peut avoir une incidence car le fait de savoir préalablement quelles bandes de fréquences seront allouées à vos différentes pistes est un atout considérable. En effet, vous saurez ainsi précisément sur quoi votre travail doit s’orienter, et vous gagnerez à la fois en précision et en temps.

Et dès lors, le mixage ne peut plus être considéré comme une donnée purement technique étant donné qu’il devient partie intégrante de la construction d’un morceau. Voilà pourquoi quasiment tous les producteurs travaillent leur mixage en même temps qu’ils composent. Comme quoi, même en Musique Electronique le vieil adage « on ne peut défaire le fond de la forme » est de mise ! Donc au plus vous produirez, au plus vous deviendrez meilleur musicalement ET techniquement !

Enfin, le mastering joue un rôle important dans la production de ce « gros son », d’autant que les techniques en la matière ont grandement évolué ces 15 dernières années. Mais ne vous y trompez pas, si le mixage de votre morceau est approximatif, le mastering n’en sera que brouillon, même si vous vous payez les services des meilleurs studios en la matière. A l’inverse, si votre mixage est irréprochable, le mastering embellira le tout, et à vous le « gros son » qui détruira les dancefloors!!

[Note personnelle à propos des différences de pression acoustique en Musique Electronique : Je tiens à signaler que les chiffres que j’apporte proviennent d’une mesure personnelle effectuée sur plusieurs dizaines de morceaux Bass Music. Je me permets donc de signaler que ce chiffre usuellement reconnu de 3dB voire moins est faussé, et malheureusement relayé de façon courante.]

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2 Responses to “PRODUCTION TIPS PART.2 : Le Mixage”

  1. lamnezik 10 février 2013 at 9 h 25 min #

    Bien cool et intéressant votre article.

    • Salaryman 21 février 2013 at 18 h 12 min #

      Merci!!

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