Le « Piu Piu », un vent de fraicheur qui vient du Québec + Interview Kaytranada

Beaucoup de gens commencent à penser que le hiphop part droit dans le mur. En effet entre les Snoop lion qui lors de son dernier voyage en Jamaïque a probablement fumer le joint de trop et nous reviens avec un projet aussi incohérent qu’incompréhensible et des duos Kanye West/Jayz tellement parti loin dans le Bling Bling et donc à l’opposé de ce que le mouvement hiphop prône, on est en droit de se demander ce que va devenir.

Et si la réponse nous venait du Québec?

A Montréal, la résistance s’organise. Un courant musical émergeant depuis quelques années est en train de souffler un vent de fraicheur sur l’Amérique du nord qui ravit les nostalgiques de TR 808. Ce style musical 100% Québécois est à mi-chemin entre hiphop et musique électronique downtempo plus ou moins teinté de soul selon les beatmakers.
Parmi les précurseurs de ce mouvement néo hiphop, Ken-Lo, Sevdee ou encore V-Looper. Le premier est l’organisateur des soirées « Artbeat » qui deviennent petit à petit incontournables et surtout une pépinière de jeunes talents. Les deux autres sont membres de « A la Clair Ensemble » collectif de hiphop déjanté.
Le Piu Piu a de quoi fermer la gueule a tout les vieux cons comme moi qui se plaignent que le hiphop c’était mieux avant et que le mouvement n’est plus ce qu’il était. Influencé par J-Dilla ou encore Flying Lotus, ce hiphop hybride est l’écho au new hiphop/crunk/trap qu’on peut entendre en Californie en ce moment. Mais pas seulement, le Piu Piu c’est surtout culturel. Parce que les tracks sont blindées de référence à la culture Québécoise. On peut entendre des Jingles de Radio Canada ou des insides qui ont marqués toute une génération.
Le « Piu Piu » est une musique innovatrice mais à mon sens c’est sa dynamique qui fait toute sa force. On trouve beaucoup de similitude entre le « Piu Piu » et cet élan qui caractérisait le milieu hiphop au milieu des années 90. On va en soirée par curiosité, on y reste pour la musique et on y retourne pour l’ambiance et l’état d’esprit créatif qui s’en échappe.
Si cette musique est longtemps restée dans l’ombre, ca a changé récemment. D’une part parce que ces beatmakers sont particulièrement productifs et de plus en plus nombreux. Et d’autre part car leur communication commence à être une vrai machine de guerre. Le début de l’été a été marqué par l’annonce d’un documentaire appuyé par des piliers de la musique Montréalaise tel que Ghislain Poirier ou encore Lunice. La soirée de lancement accueillait Onra, le beatmaker Parisien dont le style se rapprocherait le plus au Piu Piu.
Nul doute que l’Europe devrait vite entendre parler de gars comme Kaytranada (voir interview plus bas) vu l’ampleur qu’est en train de prendre ce jeune producteur qui enchaine les releases tout les 3 mois et à fait la tournée des Festivals Montréalais cet été. Affaire à suivre…

Interview Kaytranada (aka Kaytradamus)

Tu es seulement âgé de 19 ans et pourtant tu as déjà une discographie impressionnante à ton actif. Comment ta carrière a débutée?
On peut dire que ma carrière a commencée quand j’avais 14 ans. Je faisais comme 6 beats par jour, je les mettais sur Youtube, Myspace… Rien de bon ne se passait, jusqu’à temps que je débarque finalement à Montreal (parce que je restais sur la Rive Sud). Après on m’a fait rentré à la 4eme édition de Artbeat, ça m’a donné de l’exposure.

Tu viens récemment de signer chez « Huh, What and Where » Comment s’est concrétiser cette signature sur ce label de LA?
Je ne sais vraiment pas, j’ai commencé a sortir quelques remixes, quelques ptites beattapes et je ne sais pas qui a fait passé le mot pour dire que j’étais assez bon… et le monde de HW&W m’ont contacté.

Tu es un beatmaker hyper productif. Tu sors quasiment un projet tout les deux mois. Peux-tu nous en dire plus sur le prochain?
Oui, malheureusement ces affaires la vont arrêter. Kaytra Thomas est le prochain. Ca va être un vrai projet, un vrai album ou il y a des Bangers, de L’electronique, du dance avec mon propre style. Je viens de terminer l’album pour la 9eme fois et je suis toujours pas sure si c’est la version finale. 

Avec qui aimerais-tu collaborer prochainement? Et est ce que tu as des sides projects qui s’éloigneraient artistiquement de ce que tu fais en ce moment?
Je fais pas vraiment de collaboration mais si ça arrive, ça arrive. Comme celui que j’ai fait avec Sango, y’en a d’autres qui ne sont pas sortit, d’autres collaboration avec le jeune Mr. Mockwell, une nouvelle mixtape des Celestics qui sort bientôt et aussi un projet avec Dr. Mad et Musoni nommé Madsonimus qui va peut être sortir si on n’est pas trop paresseux.

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2 Responses to “Le « Piu Piu », un vent de fraicheur qui vient du Québec + Interview Kaytranada”

  1. Tosaka 16 octobre 2012 at 17 h 32 min #

    Petit correction : Kenlo et Vlooper sont membres d’ « Alaclair Ensemble ». SevDee, quant à lui, est l’organisation des soirées Artbeat Montreal et le host d’ « Artbeat Radio » sur les ondes de CISM (il est également membre du crew K6A dans lequel on retrouve Kenlo).

  2. Akello Light 4 novembre 2012 at 19 h 56 min #

    He is very good at remixes and has funny home videos.

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