Interview The Gulf stream au Festival Mutek
Le duo montréalais The Gulf Stream nourrit ses trames hip-hop d’éléments de musique bass internationale. Lorsqu’ils ont commencé à jammer ensemble, Kodok (Ivann Uruena) et Archibald Singleton (Jérôme Guilleaume) étaient loin de s’imaginer qu’ils y prendraient tant de plaisir et se produiraient sur de si nombreuses scènes. Au fil du temps, leur musique s’est affirmée pour devenir cet agencement unique de synthétiseurs organiques, de samples subtils, de claviers nerveux et de basses grasses sur fond de hip-hop mid-tempo. En live, The Gulf Stream crée un son riche et imagé, en perpétuelle évolution, et donne à chaque fois naissance à de nouvelles compositions.
Comment a débuté Gulfstream?
Jérôme: Ça a débuté avec beaucoup de gens, au départ on était 7. C’était des jams sessions dans le nord de Montréal, on était avec funky falz, 3 gars qui toastaient/rapaient, nous au machines et un guitariste. En fait on est les seuls survivants des jam sessions. Avec les emplois du temps de 7 personnes ça devenait compliqué. Tu le fais une fois, ça marche bien et tu essayes de faire ça récurant et ça le fait plus. Ensuite on a migré les jams sessions dans un grand appartement dans l’est de la ville. C’était un appartement de geek, on était 3 gars de musiques, on avait chacun un studio dans notre chambre, c’était un bon climat pour travailler. Et au fur et à mesure, on a battit les sons qu’on a présenté pendant le live au Mutek.
Vous êtes deux, Quel est le rôle de chacun? Est ce que vous êtes toujours en configuration Electribe et Ableton?
Ivan : Jérôme a découvert ableton avec tout ça, on a tout les deux découvert le logiciel et les possibilités musicales avec. On est plus resté avec nos electribe ou du gear analogique, on s’est dit qu’on allait continuer à monter nos morceaux sur ableton et on a exploré les capacités de ce logiciel qui sont infini.
J: pour le live c’est quand même l’outil parfait
I: C est grâce à ça qu on a fait notre premier Ep, en découvrant toujours et en se servant de l’electribe parce que ça a quand même un bon son.
J: au summum du gear qu’on avait sur scène, on avait 2 laptops, 4 contrôleurs, 2 electribe. Pour notre dernier live (trajectoire), on a réduit au maximum, on a utilisé un laptop 4 contrôleurs (2 APC pour contrôler les 18 pistes qu’on a, 2 MPD pour envoyer nos triggers et faire nos effets live). Et pour le live dans le métro ça a été Yvan au laptop avec 2 contrôleurs et moi à l’electribe. On est revenu pour le métro à notre set up initial.
Que pensez vous de cette nouvelle dynamique dans le glitch Montréalais?
J: cette tangente là, qu’on appelle piupiu ici, c’est quelques chose de typiquement montréalais, c’est très original et intéressant.
I: ça garde aussi le coté sampling que nous on adore parce que c’est ça qu on travaille, l’utilisation d’un son en tant que tel et le déstructurer a l’infini. Cette scène ne peut qu’augmenter et en particulier à Montréal
J: c’est les acteurs d’un mouvement qui sont là depuis longtemps mais qui n’avait pas nécessairement de support et de reconnaissance au niveau local. A New York et Los Angeles par contre ça fait longtemps qu’on sait qui ils sont. C est juste qu’il n y avait pas autant de possibilité de pousser ce son là ici. Mais avec les soirées artbeat, ils ont une plate forme.
Vous venez de sortir le EP, Microshima. Vous travaillez déjà sur autre chose?
I: On est toujours sur quelques choses mais c’est sûr que ces derniers temps on était beaucoup sur le live avec Marion. On s’est beaucoup investi, on voulait que ça soit beau et pour arriver à faire un truc concret ça a pris du temps. Mais ça fait du bien que le mutek soit passé, on va pouvoir repasser à nos projets qu’on bossait avant le mutek. On a toujours quelque chose sur le feu.
J: Ce serait peut être pas a travers gulf stream que ça va se passer. Ivan produit un gars qui s’appelle gadjo lino qui fait de l’electro swing, j ai beaucoup aidé à la réalisation. On est aussi sur des collaborations avec du monde d’ici, des remix.
Au Mutek, pour le live Trajectoire, on a pu vous voir avec une configuration vous + VJ MA. Comment s’est passé cette collaboration?
I: c’est un peu grâce a elle que gulf stream existe, en tout cas c’est grâce a elle qu on a pu se produire sur scène, c’était en 2009. Après Marion nous a proposé de faire nos visuels pour les prochains live et on a travaillé de plus en plus en collaboration avec elle
J: Nous de notre coté on a fourni des tracks pour qu’elle fasse des démos vidéos. On apprécie chacun l’esthétique de l’autre. C est devenu naturel de faire un truc cohérent avec elle. Quand on écoute microshima, j ai l’impression que ça prend un visuel et on ne pouvait pas offrir ce live sans visuel parce qu’on est pas des gens de scène, on est concentré, on gère des trucs. On pourrait être les bras en l’air mais pendant ce temps là, nos doigts sont pas en train de créer. Nous on est pas les plus intéressant a regarder en tant que show man, on jongle pas en même temps, c est pour ça qu’il nous fallait un support et c était naturel que ça soit Marion qui fasse la vidéo. Je pense que le son rend bien sur la vidéo et vice versa.
I: ça a vraiment été un plaisir de travailler avec elle, elle est très professionnel. Nous on lui donnait la musique et elle créait de son coté les visuel par rapport à ça. Au point de vue créatif ça a été exceptionnel.
Ce qui a bien marcher au mutek c’est que tout le monde était assis et puisse apprécier sans être debout.
J: On a fait ça immersif, le fait que les gens soient assis bien installé et que la projection ne soit pas quelques par derrière apporte beaucoup. Que ce soit projeté sur nous, met en avant le set up aussi.
TGS + VJ MA » || Trajectoires AV – teaser from vj Ma'' on Vimeo.
On doit s’attendre à une évolution scénique de ce live?
J: C’était une première, c’est sur qu’on va faire rouler le live tel quel mais on est déjà en train de travailler la nouvelle version du projet. On a des bonnes idées sur comment l’améliorer et passer au niveau supérieur pour que l’audio et la vidéo soient encore plus liés mais il faut déterminer comment les appliquer.
Cette année, Mutek, Piknic électroniques. C’est quoi la prochaine étape?
J: on s’en va jouer à Toronto le 15 juillet. Mutek permet de faire des belles rencontre, ça a bien servi. Il y a des choses intéressantes qui vont se passer mais je peux pas encore en parler. Je pourrais donner une exclusivité mais je préfère rien dire tant qu’on a pas eu de confirmation. C est sur que de part nos cotés européen les trois, la suite logique serait d’aller faire des festivals en France, Belgique et généralement en Europe. Ça avait failli se faire, on devait jouer pour un festival, sauf que c’était un seul et c’était pas rentable de le faire. On a préféré attendre, présenter un mutek en premier et voir les réactions. On prépare un truc qu’on aimerait bien présenter avant la fin de l’été, on joue aussi ici avant la fin du mois mais ça ne sera pas le live trajectoire parce que ça prend un certain set up et surtout un contexte. Le contexte de bar c’est pas forcement le meilleur pour çà.
Plus d’infos: The Gulfstream’s bandcamp
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