BMM#11 – Interview de KOAN SOUND (OWSLA)

Derrière ce nom mystèrieux se cache un duo de Bristol au son Dubstep complètement débridé et atypique, particulièrement énergique. Après plusieurs EPs remarqués, ils remportent la faveur du public et sont désignés «Best Breakthrought Artist 2011» aux derniers Dubstep Music Awards à Birmingham. Confiants et vifs, les petits gars éclatent les dancefloors aux quatres coins du monde tout en gardant la tête froide et présentent un projet artistique solide.
IL Y A UN MOIS VOUS AVEZ SORTI LE «FUNK BLASTER» EP SUR OWSLA, LE LABEL DE SKRILLEX, RACONTEZ NOUS L’HISTOIRE DE CETTE SORTIE.
En mai dernier on a sorti le «Max Out» EP sur Inspected. Cette release nous a valu beaucoup de bons retours dont celui de Skrillex, qui par la même nous a proposé de sortir des titres sur Owsla. Il nous a donné carte blanche, et ça a donné ça.
QUE PENSEZ-VOUS DE LA MUSIQUE DE SKRILLEX ET COMMENT RESSENTEZ-VOUS LE FAIT D’ÊTRE SIGNÉ SUR SON LABEL ?
Pour être honnête, je ne connaissais pas vraiment avant qu’il nous contacte. On a commencé à entendre parler de lui à la fin 2010, mais sans plus. Si tu écoutes sa musique d’un point de vue technique tu te rends compte qu’elle relève d’un très haut niveau de production. Et puis par rapport au label, c’est plutôt cool d’être signé aux cotés de Kill the Noise ou encore The M Machine.
COMMENT CETTE SORTIE INFLUE-T-ELLE SUR VOTRE DÉVELOPPEMENT ?
Depuis que le EP est sorti, on a déjà enchaîné une vingtaine de concerts. Là on revient juste de Los Angeles ! Vraiment ça nous a valu de l’attention, et le carnet de booking se rempli.
AVEC TOUS CES CHANGEMENTS VOUS AVEZ TOUJOURS DE TEMPS POUR D’AUTRES ACTIVITÉS ? EST-CE À CAUSE DE CELA QUE VOUS AVEZ ARRÊTÉ VOTRE SHOW RADIO ?
On pourrait toujours trouver le temps de faire la radio. Simplement, on a arrêté parce que l’on ne pouvait plus jouer nos morceaux sans les retrouver sur Youtube instantanément. On veut garder nos morceaux au frais. Cependant on aura toujours le temps pour faire des podcasts.
AVEZ VOUS DES SORTIES PRÉVUES PROCHAINEMENT ?
Rien de précis pour le moment. On aimerait sortir un autre EP l’année prochaine, cinq ou six morceaux. Nous n’avons pas beaucoup eu le temps de produire de nouveaux morceaux ces derniers temps. Là on va prendre les 3 mois à venir pour se concentrer sur la production, et avec un peu de chance ça sortira dans la foulée.
DESTINEZ-VOUS VOS PROCHAINS MORCEAUX À OWSLA ?
Pas nécessairement mais ça reste une possibilité. L’idéal pour nous, c’est de produire la musique, puis d’envoyer le EP fini aux labels de notre choix
COMMENT VOTRE SON ÉVOLUE–T-IL ET COMMENT VA-T-IL ÉVOLUER ?
Depuis le début nos morceaux ne sont pas restés les mêmes, on a évolué tout en entretenant la touche «KOAN Sound». On essaie toujours de repousser les limites et ce que l’on a déjà fait. L’expérimentation est une priorité pour nous quand il s’agit de faire de nouveaux morceaux.
CELA LAISSE-T-IL ENTREVOIR DES TITRES TECHNO OU DRUM & BASS À L’AVENIR ?
C’est tout à fait possible que ça arrive. C’est certain qu’il va y avoir plus de Down Tempo et d’Ambient dans le futur, au format album ou EP. On produit dans tous les styles, on ne veut pas se faire cataloguer trop rapidement.
QUELQUE CHOSE À ATTIRÉ MON ATTENTION SUR VOTRE SITE WEB, C’EST CETTE PHRASE « WHAT IS THE SOUND OF ONE HAND CLAPPING ? ». C’EST QUOI LE TRUC ?
C’est ce que l’on appelle un koan, c’est ce qui a inspiré notre nom de scène. C’est un concept Bouddhiste qui entre dans le cadre de la méditation. Ça marche comme un paradoxe, une phrase paradoxale dont la solution n’est accessible qu’au travers d’une compréhension plus profonde du problème posé, via l’intuition plutôt qu’un raisonnement logique. Pour résumé, c’est la notion de «profonde compréhension» qui nous accroche, essayer de reconnaitre nos préconceptions et aller au-delà, cela nous inspire dans notre processus créatif.
Donc « the sound of one hand clapping » est un koan, un paradoxe : on ne peut le concevoir logiquement. C’est comme, « L’arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit si personne ne l’entend ? », ce genre de truc.
Interview publiée dans le Bass Music Magazine #11 (janvier/février 2012)

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