BMM#10 : interview EBK

EBK, c’est le coup de coeur de l’Outlook Festival 2011. Un producteur talentueux, signé sur Renegade Hardware et Dispatch Recordings, et doublé d’un DJ hors-normes. Et comme il est aussi, pour ne rien gâcher, un garçon fort sympathique… Et après l’avoir odieusement corrompu en lui traduisant quelques mots doux en français pour faire craquer sa dulcinée… Il n’avait au final d’autre choix que de répondre à toutes nos questions !
COMMENT LES CHOSES ONT COMMENCÉ POUR TOI DANS LA D&B ?
Aussi loin que je puisse m’en souvenir, j’ai toujours écouté de la dance music underground. J’ai commencé à acheter mes premiers disques quand j’étais un jeune ado. J’ai donc grandi avec le Hardcore, puis la Jungle et ensuite la Drum & Bass. Simplement une évolution naturelle je pense.
ET QU’EST CE QUI T’A POUSSÉ À DEVENIR DJ ET PRODUCTEUR ?
J’aimais la musique à tel point que je voulais faire davantage pour elle que juste l’écouter. Le Djing est vraiment sympa, mais j’ai toujours voulu passer au niveau supérieur et produire. J’ai essayé pendant quelques années, fait des beats en enregistrant une boite a rythme pour mettre sur cassette et réécouter à chaque fois. ça sonnait pire que mauvais, mais c’était un début ! (Rires) J’ai mixé pendant des années, mais comme la production, c’était par intermittence, j’ai donc vraiment commencé à produire correctement depuis cinq ou six ans au total, mais je mixe depuis que je suis tout jeune. J’ai produit beaucoup entre 1998 et 2000, puis je m’y suis remis récemment.
POURQUOI CE RETOUR À LA PRODUCTION ?
J’ai simplement commencé à apprécier à nouveau la musique, j’avais de bonnes personnes autour de moi, et je sentais que je pouvais essayer de contribuer à quelque chose à nouveau. La D&B ne me séduisait plus vraiment depuis des années, quand ça a commencé à devenir vraiment crasseux et contre-productif, comme si chaque morceau essayait de surpasser le précédent en merdicité – comme pour jouer à celui qui pisse le plus loin. J’ai trouvé que ça commençait à devenir vraiment chiant et plus vraiment dans le coup pendant un bon moment, mais les dernières quatre ou cinq dernières années, ça a été vraiment super à nouveau. Bass, groove, créativité – tout ce qui faisait que je m’y étais investi au départ. C’est une question de cycle. Je pense qu’autour de 2006 le Dubstep a été un vrai sursaut pour la D&B. Il a pris alors une tournure vraiment deep, vraiment bassy, bien tournée, qui faisait que la Drum sonnait désormais faiblarde dans les clubs. Mais maintenant, le D&B s’est bien réveillée et c’est le Dubstep qui se traine la tronçonneuse… Qu’ils la gardent ! (Rires.) On prendra la sub. De toute evidence, je tanne tout e monde ici avec la même chose, mais je pense que beaucoup de gens vont se reconnaitre dans ce que je dis. Les deux scènes sont très variées et en pleine santé maintenant, ce qui ne peut être qu’une chose des plus positives.
OUI, ENFIN, SI L’ON REGARDE UN PEU LES SORTIES D&B CES DEUX DERNIERS MOIS, JE PENSE QU’ON PEUT COMMENCER À SE FAIRE DU SOUCI SUR LE RETOUR DU JUMP UP… MÊME SUR CERTAINS LABELS COMME SHOGUN !
Vraiment ? J’ai du rater quelque chose, ici je n’entends que des choses vraiment sympas ! Shogun a toujours eu ce genre de crossover. C’est tout à fait ce que Friction joue en festival… Il joue en fait des sets très différents en fonction de l’endroit où il se trouve. Je le respecte pour ça. Il fait vraiment en fonction du public.
C’EST DOMMAGE, PARCE QU’IL RESTE L’UNE DES FIGURES LES PLUS CONNUES DU MOUVEMENT… IL POURRAIT AVOIR UN RÔLE D’AMBASSADEUR POUR LA BONNE MUSIQUE, PLUTÔT QUE DE VOULOIR ABSOLUMENT FAIRE CE QUE LES GENS ATTENDENT DE LUI (OU PAS).
A l’etranger, il faut jouer des choses très punchy. Les gens ne sont pas du tout fan des choses plus deep, même très légèrement. Ils ont du Dubstep. Je pense que les gens veulent juste recevoir un maximum d’énergie avec la Drum & Bass. Tu peux toujours jouer un ou deux trucs plus deep, mais il te faut lire le public et ne pas perdre les gens.
TON SET A ÉTÉ POUR MOI LE MEILLEUR QU’IL M’AIT ÉTÉ DONNÉ D’ENTENDRE À OUTLOOK. C’ÉTAIT VARIÉ, ÉNERGIQUE, FIN…
Pour être franc, je pense qu’un set fait d’un seul genre est ennuyeux. J’essaie de jouer un panel de styles le plus large possible, pour que le rythme puisse évoluer, monter, descendre, fluctuer différemment que si tout sonne simplement pareil. La plupart des gens sont bookés parce qu’ils sont producteurs, et non DJs. Et ils jouent un set avec tous leurs morceaux et ceux de leurs potes qui font des tracks qui sonnent exactement comme les leurs. J’ai commencé comme Dj, je n’ai donc aucune affinité particulière à aucun genre, aucun producteur, si c’est un bon morceau, si je pense qu’il va fonctionner, alors je le passe. Un set doit contenir des nuances, de l’ombre et de la lumière. Attrape-les gens, emmène-les loin, puis surpends-les, et mets un sourire sur leurs visages – ton travail est fait. On me demande souvent la référence de morceaux que j’ai passé et qui ont vraiment transporté le public.
RENEGADE, DISPATCH, COMMENT-EST CE ARRIVÉ ?
Je connais le crew Hardware depuis des années, il n’était juste question que de faire le bon morceau pour être sur le label. Dispatch, Ant m’a contacté au sujet d’un morceau que je lui avais envoyé et nous sommes devenus bons amis ensuite. Ant TC1 et le crew Dispatch sont les gens les plus sûrs qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer dans la D&B. J’ai un morceau, ‘Zulu Fade’ qui va bientôt sortir, une collaboration avec Octane & DLR. Avec un remix de Cern de ‘In The Grind’ sur la face B. Ce sont des gars sympas qui travaillent très correctement, et on s’amuse beaucoup à chaque fois que l’on se voit. Ils ont une attitude vraiment positive face à la musique.
D’AUTRES PROJETS EN COURS QUE NOUS DEVRIONS SURVEILLER ?
Oui, je remixe ‘Seven’, d’Octane & DLR, qui sortira sur Dispatch également. Un nouveau projet solo appelé ‘Suffocate’, je voulais le agrder en dub, mais il semble plutot pas mal fonctionner en soirée, alors je ne sais pas, on verra. C’est bientôt l’hiver, donc je vais passer beaucoup plus de temps en studio.
EN PARLANT DES SAISONS, QU’EST CE QUE TU AS PENSÉ D’OUTLOOK ?
Vraiment cool. C’est la seconde fois pour moi que je joue là bas, et cette année la part laissée à la D&B était vraiment plus importante.La boat party Renegade Hardware était sans doute la meilleure soirée que j’ai eue cette année.
MERCI POUR CETTE INTERVIEW MARTIN, AU PLAISIR DE TE RENCONTRER À LONDRES BIENTÔT !
Merci, c’est gentil, et merci encore pour le soutien !
Interview publiée dans le Bass Music Magazine #10 (novembre/décembre 2011)

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