BMM#10 : Interview Roly Porter

Roly Porter est très certainement l’un des pères du Dubstep. Moitié de Vex’d, son album solo (Aftertime) est sortie fin septembre, à peu près deux semaines avant la sortie du premier album de Jamie Kuedo, l’autre moitié de Vex’d. Étonnant tir groupé, d’autant plus que les deux albums n’ont absolument rien à voir. Ce qui est certain que c’est Roly Porter maintient le registre sombre du mythique duo dans son œuvre «Aftertime».
COMMENT-EST CE POSSIBLE QUE KUEDO ET TOI SORTIEZ VOTRE ALBUM SOLO EN MÊME TEMPS ?
C’est vraiment un hasard ! On en parlait avec Jamie, en se demandant comment la sauce allait prendre dans ces conditions. Et au final ça n’est pas très important, car les deux albums sont très différents : ce n’est pas le même style de production, pas la même recherche et encore moins les mêmes concepts. C’est impossible de comparer les deux albums.
QUAND AS-TU COMMENCÉ À ÉCRIRE CET ALBUM ?
Tout a démarré avec l’enregistrement des ondes Martenot à la fin de l’année dernière (NDLR : Les Ondes Martenot est l’un des plus ancien instrument de musique électronique). En février l’album était terminé. Subtext a tout de suite accroché le concept et signé la musique. C’est le label sur lequel nous avions sortit nos premier travaux en tant que Vex’D.
TOUS LES MORCEAUX SONT INTITULÉS PAR UN NOM DE PLANÈTE PROVENANT DE L’UNIVERS DE DUNE. QU’EST CE QUE CELA IMPLIQUE DANS LE CONCEPT DE L’ALBUM ? POURQUOI AVOIR CHOISIT LE NOM «AFTERTIME» ?
Sans être un «nerd» de la SF, l’univers de Dune m’inspire beaucoup. J’adore le film, particulièrement pour sa bande son, même si il est techniquement daté. Le calvaire lié à la production de dance music, c’est que tous les genres sont liés les un aux autres. Mon album n’est pas une recherche esthétique post apocalyptique ou quoi que ce soit. Je voulais écrire une œuvre qui se pose dans un contexte vierge de toutes références, c’est-à-dire, un temps où nous ne sommes plus. C’est cette idée qui m’a amené à la science fiction et qui m’a motivé à choisir des noms issus de l’univers de Dune.
ET TU AS CHOISIS LES TITRES AU HASARD ?
Chaque morceau correspond aux planètes à vrai dire : sur «Caladan» par exemple, il y a ce sentiment de sécurité, de calme. A mon sens l’album constituerait une bande son adaptée pour un remake de Dune (rires).
QUEL EST LE CONCEPT MOTEUR DE TON ALBUM ?
L’objectif est d’allier du bruit aux ondes Martenot et d’en sortir quelque chose de musical. Ce ne sont pas que des drones, ni du classique. C’est avant tout dans un esprit noise que j’ai fais ça.
AS-TU EU L’OCCASION DE JOUER ET PRÉSENTER «AFTERTIME» AU PUBLIC ?
Oui lors de différentes performances. A première vue, c’est une œuvre qui se destine plus à des performances dans des musées ou galeries d’art, mais ça marche aussi en club.
VRAIMENT ?
Les deux fois que j’ai jouées en club, je suis resté sur un format de 40-45 minutes. La musique est plutôt intense et ça demande de l’attention de la part de l’auditeur. De plus, ça n’implique pas de dance ou de mouvement. Ce sont des morceaux à jouer dans une salle sombre avec un sound system massif.
TA PREMIÈRE SORTIE EN SOLO ÉTAIT SOUS LE NOM DE «ARMOUR» AVEC LE TITRE «IRON MAN» SUR TECTONIC. CE PROJET EST-IL DÉFINITIVEMENT ENTERRÉ ?
A vrai dire, aux débuts de Vex’D, c’était très excitant de voir tous ces producteurs produire des choses vraiment nouvelles, et on échangeait beaucoup. A partir de 2007-2008, je me suis sentit de moins en moins connecté à la mouvance générale. Ce fut l’occasion pour moi de faire un break, et de me recentrer sur mes projets, ce que je voulais faire. Je ne crois pas que je reviendrai à «Armour».
QUELLE PLACE PREND «CLOUDSEED» DANS TA DISCOGRAPHIE ?
Contrairement à «Degenerate», tu peux entendre sur «Cloudseed» quelles sont les productions de Jamie et quelles sont les miennes. Cela est du au fait que nous avons achevé ce projet n’étant pas physiquement au même endroit. «Degenerate» était bien plus homogène. Je suis content que «Cloudseed» ai vu le jour malgré tout. D’ailleurs, pour mettre les choses au clair, Jamie et moi n’avons pas «splitté», on n’est juste pas au même endroit.
PEUT-ON ESPÉRER DE NOUVELLES PRODUCTIONS DE VEX’D À L’AVENIR ?
A vrai dire, le projet «Aftertime» est pour moi dans la continuité directe de Vex’D, et je ne suis pas sur que j’y porte autant d’intérêt maintenant que mes projets en tant que Roly Porter sont enclenchés. Et si je pense à Jamie, je crois qu’il serait difficile pour lui de revenir à Vex’D après le projet Kuedo. Quand j’écoute son album, je me rends compte qu’il y réalise une ambition qu’il a eue depuis très longtemps, et je peux l’entendre de manière très bien produite.
A QUELS PROJETS TE CONSACRES-TU EN CE MOMENT ?
Cette semaine je suis en résidence avec ce même joueur d’Ondes Martenot qui est présent sur l’album. On développe sur une version live d’«Aftertime», ainsi que la création d’une nouvelle pièce. Aussi on a ce vidéaste, Rod Machlachlan, qui travaille avec nous : il a une approche analogique de la vidéo et projette ça sur un écran de taille iMax ! Des photos et vidéos seront bientôt en ligne.
Interview publiée dans le Bass Music Magazine #10 (novembre/décembre 2011)

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